Dernière mise à jour : 23 novembre 2016

Etudes et recherches

BioSphère Environnement développe des programmes de recherche s'inscrivant dans une logique de développement de la biologie de la conservation. Ces programmes sont en particuliers relatifs à l'étude des paramètres démographiques, de l'état de santé ou de la valeur géno-phénotypique des populations animales et à la relation de ces variables avec la qualité et/ou la variabilité et l'évolution des habitats. BioSphère Environnement travaille en particulier sur les effets des changements globaux sur les estrans du littoral atlantique et développe en concertation avec les gestionnaires d'espaces des solutions visant à maintenir les fonctionnalités écologiques des espaces intertidaux.

Fonctionnalités écologiques des habitats
et changements globaux

Le Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) est le passereau d’Europe continentale le plus menacé. Il est classé « vulnérable » dans la liste rouge mondiale de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Migrateur transsaharien, l’espèce transite de manière significative le long du littoral atlantique français au cours de sa migration post-nuptiale. Le long de ces côtes, la rive droite de l’estuaire de la Gironde est identifiée comme une des escales migratoires où l’espèce est contactée de manière significative tout au long du mois d’août. Compte-tenu du facteur déterminant des zones d’escales migratoires pour la conservation de l’espèce, BioSphère Environnement pilote sur les zones humides des rives de l'estuaire de la Gironde un programme visant à :

  • Estimer les effectifs de migrants ;
  • Étudier les temps de séjours ;
  • Identifier les habitats exploités ;
  • Définir la nature des ressources trophiques exploitées et exploitables.

Voir l'article : Musseau R., Herrmann V., Bénard S., Kerbiriou C., Hérault T. & Jiguet F. (2014) - Ecology of Aquatic Warblers Acrocephalus paludicola in a fall stopover area on the Atlantic coast of France. Acta Ornithologica, 49: 93-105.

La Gorgebleue à miroir de Nantes (Luscinia svecica namnetum) est un morphotype endémique de la façade atlantique française. En sus de son aire de répartition très limitée (concentrée de la baie de Douarnenez au bassin d’Arcachon), la faiblesse de ses effectifs associée à son instabilité démographique font peser sur le morphotype des risques d'extinction réels. La rive droite de l’estuaire de la Gironde est un espace fréquenté de manière significative par le morphotype en période de reproduction et en période post-nuptiale. La conservation des populations de Gorgebleue à miroir de Nantes implique le développement de connaissances fines relatives à l’écologie des populations, c'est pourquoi BioSphère Environnement pilote sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde un programme visant à :

  • Estimer les densités de reproducteurs ;
  • Identifier la typologie des habitats exploités par le morphotype au cours de phases critiques de son cycle de vie (mue...) ;
  • Définir la nature des ressources trophiques exploitées et exploitables.

Voir l'article : Musseau R., Beslic S. & Kerbiriou C. (2017) - Importance of intertidal wetlands for the French coastal endemic Bluethroat (Cyanecula svecica namnetum) and conservation implications in the context of global changes. Ardeola, 64: 325-345.

Stratégies d'occupation spatiale
et dynamique des populations

Capacités d'accueil des espaces littoraux et arrières littoraux pour les limicoles


Le Courlis cendré (Numenius arquata) est le plus grand limicole d’Europe. Cette espèce est classée « quasi menacée » par l’UICN au niveau international, en raison d’une chute de ses populations en Europe et est classée « vulnérable » en France. Ce limicole en mauvais état de conservation au niveau européen est présent sur l’estuaire de la Gironde au cours des migrations pré et postnuptiales, ainsi qu’en période hivernale. Afin de définir les conditions de maintien des capacités d’accueil du Courlis cendré sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde, BioSphère Environnement pilote sur cet espace un programme visant à :

  • Estimer les effectifs d'hivernants ;
  • Identifier la typologie d'habitats exploités par l'espèce ;
  • Étudier les budgets d'activités sur différents espaces.

Voir l'article : Beslic S., Musseau R., Bruxaux J. (2015) - Hivernage du Courlis cendré (Numenius arquata) en estuaire de la Gironde : maintien des capacités d’accueil par compréhension des fonctionnalités écologiques des habitats. Colloque francophone international « Écosystèmes estuariens, quels enjeux pour la biodiversité ? », Royan 29 et 30 janvier 2015.


Ces programmes de recherches s'inscrivent dans le cadre d'un contrat d'objectifs signé entre BioSphère Environnement et le Conseil Général de Charente-Martime.

Utilisation des modèles de capture, marquage et recapture dans la compréhension des stratégies d’occupation spatiale des populations animales


BioSphère Environnement développe différents programmes intégrant des suivis par capture, marquage et recapture ou des suivis radio-télémétriques sur un large cortège d'espèces, permettant d'appréhender les paramètres démographiques des populations et de modéliser les stratégies d'occupation spatiale des individus ou populations. Les résultats de ces programmes présentent des intérêts tant en biologie de la conservation pour des espèces méritant un niveau de vigillance accru que pour des suivis relatifs à l'évaluation des risques de propagation de zoonoses : maladies, infections naturellement transmissible des animaux vertébrés à l'homme et inversement, telles que l'influenza aviaire.

Voir l'article : capacité de dispersion du virus de l'influenza aviaire par les déplacements des Canards colverts.

Bioacoustique et biologie de la conservation

Relations entre la qualité du chant des oiseaux et leur valeur sélective


BioSphère Environnement développe différents travaux en bio-acoustique. L'un des objectifs de ces travaux est de tester si pour certaines espèces en mauvais état de conservation, la qualité du chant, estimé par la mesure de différents paramètres acoustiques (amplitude fréquencielle, diversité syllabique...), peut être utilisée pour évaluer la valeur géno-phénotypique ou sélective des individus. L'objectif de ces travaux est de définir des méthodes peu intrusives et peu chronophages permettant d'appréhender aisément les effets de certaines dégradations ou orientations de gestions des espaces sur l'état de santé des populations.